J’ai mis du temps avant d’ouvrir mon premier carnet Zentangle. Pas par manque d’envie plutôt par excès de réflexion. Est-ce que je devais y mettre uniquement du Zentangle ? Est-ce que chaque page devait être aboutie ? Est-ce que j’allais le « gâcher » dès la première tentative ?

Bref, le carnet restait fermé pendant que je cherchais comment bien m’en servir.

Ce que j’ai compris avec le temps, c’est qu’un carnet de croquis Zentangle, ou plutôt un carnet d’exploration Zentangle, parce que le mot « croquis » ne correspond pas vraiment à notre pratique  n’a pas de mode d’emploi. On ne dessine pas au crayon en Zentangle, on ne gomme pas, on ne repasse pas ses traits. On dessine directement avec un feutre, et on avance un trait après l’autre. Et le carnet, c’est l’espace où tout ça s’accumule, s’expérimente et se transforme.

En 14 années de pratique et plus de 8 ans à enseigner l’art inspiré du Zentangle, j’ai développé pas mal d’astuces que je vais vous partager dans cet article, pour vous aider à choisir votre carnet, quoi y mettre, et surtout comment le remplir sans pression. 

Ce qu’un carnet Zentangle permet vraiment

Depuis 14 ans de pratique artistique j’ai pu accumuler et remplir des dizaines de carnets. Et ce que je vois clairement en les feuilletant, c’est une évolution que je n’aurais jamais pu mesurer autrement.

Je n’aime pas parler d’évolution « technique » à proprement parler car de toute façon dans la pratique du Zentangle il n’y a pas d’erreur possible. Mais l’évolution que je peux voir au fil du temps quand je feuillette mes pages est plutôt une forme de relâchement, une expression de plus en plus fluide,  des traits qui se libèrent. Comme si j’étais devenue de plus en plus « moi-même » au fil des pages, avec de moins en moins de peur d’exprimer mes ressentis ou de faire « moche ». Ce type de carnet est un endroit de vérité et de liberté absolue.

Ce que je trouve précieux dans un carnet Zentangle, c’est la dimension de journal intime qu’il peut avoir. On peut y déposer des ressentis, des émotions, des mots griffonnés à côté d’un motif. Une page faite un soir de fatigue ne ressemble pas du tout à une page faite un dimanche matin tranquille et c’est exactement ça qui est intéressant à observer sur la durée.

C’est un espace d’expression à part entière. Et la créativité avance vraiment quand on lui donne cet espace-là.

Prête à ouvrir votre premier carnet ? Mon cours gratuit de 3 jours est le point de départ idéal. On commence ensemble, à votre rythme.

Quel carnet choisir pour débuter

Là, clairement, il n’y a pas de réponse unique. Et c’est une bonne nouvelle parce que ça veut dire que vous pouvez commencer avec ce que vous avez déjà.

Il y a quand même quelques critères utiles à connaître avant d’acheter.

Le grammage du papier. Pour travailler au feutre de précision, un papier 90 g/m² minimum suffit. Mais si vous comptez ajouter de l’aquarelle, des encres ou des médiums comme le Brusho, vous pouvez prendre un papier plus épais. 

Le format. C’est vraiment une question de confort personnel. J’utilise surtout le format A5 au quotidien. Pas intimidant, facile à emporter dans un sac, rapide à sortir. Pour des projets plus ambitieux ou des œuvres en format Opus (30 x 30 cm), pour commencer, l’A5 est parfait.

La reliure. Les carnets à spirale s’ouvrent à plat — pratique pour travailler sur une double page ou poser le carnet sur une table sans qu’il se referme. Les carnets cousus ont plus de tenue dans le temps, mais certains résistent à s’ouvrir complètement. Les deux fonctionnent. C’est une préférence.

Ce que je déconseille : les carnets avec un papier trop lisse de type Bristol car le feutre de précision peut beaucoup « glisser », mais vraiment dans tout type de carnet on peut s’exprimer, privilégions la liberté aux règles strictes.

Les différents types de carnets Zentangle

Le Zentangle Journal officiel

Il existe un carnet créé spécifiquement pour la pratique : le Zentangle Journal. Le papier est vraiment magnifique, épais, de très belle qualité, proche du papier utilisé pour les tiles officiels. On travaille les ombres facilement dessus, le rendu est superbe. Il existe en différentes couleurs de papier aussi, ce qui ouvre des explorations intéressantes avec des stylos blancs ou dorés.

Deux choses à savoir : il a un certain coût, et il est en format paysage. Moi je ne suis pas particulièrement fan du format paysage dans ma pratique quotidienne,  j’en ai quand même un que j’utilise de temps en temps, mais je lui préfère le portrait. Si vous aimez le format paysage, vous allez adorer ce carnet.

Les carnets du commerce

Un carnet de croquis Moleskine format A5, un joli carnet Paperblanks, un carnet de papeterie trouvé en librairie, tout ça fonctionne très bien. Le critère principal reste s’il vous fait envie, s’il vous inspire. C’est vous qui allez l’ouvrir régulièrement pour le remplir donc écoutez surtout ce qui vous attire.

Les carnets inattendus

Et puis il y a les carnets auxquels on ne penserait pas du tout pour du Zentangle.

J’avais acheté un carnet Moonster , un format très ancien, avec un papier qui ne supporte pas du tout qu’on frotte dessus ou qu’on estompe. Je l’avais utilisé pour mon atelier Mantra Tanglé. On était obligées de faire autrement : aquareller légèrement, adapter les techniques, renoncer à certaines habitudes. Les couleurs ne se comportaient pas du tout comme prévu.

C’est vraiment l’un de mes carnets préférés. Je l’adore pour son originalité, et ces petites contraintes d’utilisation, ce n’est rien comparé au plaisir que j’ai à le remplir.

Un papier très rugueux ne donnera pas des traits raffinés — mais il va provoquer des découvertes que vous n’auriez jamais faites autrement. C’est ça qui fait avancer la créativité: ne pas toujours travailler dans les conditions idéales. S’adapter force à inventer. On avance un trait après l’autre.

Avant de vous lancer dans un carnet, il faut connaître quelques motifs de base. J’ai créé un cours gratuit de 3 jours pour apprendre les premiers tangles, les ombres, et surtout pour installer dès le départ une relation sereine avec votre pratique.

Ce qu’on met dans un carnet d’exploration Zentangle

Tout et rien de défini à l’avance.

Des motifs qu’on connaît bien, mis en scène différemment — avec une nouvelle couleur de fond, dans un format plus grand, en combinaison avec un tangle qu’on n’aurait pas associé spontanément. Des motifs qu’on maîtrise mal et qu’on répète jusqu’à les apprivoiser. Des pages entièrement en noir et blanc, juste des lignes et des lignes — il n’y a rien de plus apaisant, vraiment. Des pages avec de l’aquarelle, de l’encre. Des collages, du fil cousu sur la page, des tampons. Des mots, des ressentis du jour écrits rapidement à côté d’un motif.

Dans un de mes carnets, il y a des pages issues de l’atelier “Lignes et Auras” — juste du noir et blanc, des motifs répétés sur plusieurs pages d’affilée. C’est hypnotique à faire et très beau à regarder. Dans un autre, des collages avec du fil et des fragments de papier coloré. Ce n’est plus du Zentangle pur au sens strict. Mais c’est dans l’esprit : on dépose ce qui nous parle sur le moment.

On peut aussi utiliser le carnet pour s’envoyer des petits mots d’encouragement. Une phrase notée en marge, une intention du jour. C’est vraiment un chemin d’écoute intérieure quand on lui laisse cette place.

Il n’y a pas de police des carnets Zentangle. Et on n’est pas obligée de n’en avoir qu’un seul. J’en ai plusieurs qui coexistent selon les envies et les périodes. Le plus important, c’est d’avoir l’espace pour écouter ce qui vous parle sur le moment.

L’astuce la plus importante pour tenir un carnet dans la durée

Se détacher complètement de l’idée de bien faire.

Ça paraît simple à dire. En pratique, c’est le premier obstacle pour presque tout le monde. On ouvre le carnet, on regarde la page blanche, et on attend d’avoir une idée à la hauteur de ce qu’on imagine. Alors le carnet reste fermé. Les semaines passent et on culpabilise un peu. Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’on n’a pas besoin de savoir à l’avance à quoi ça va ressembler. Pas besoin que ce soit harmonieux, équilibré, joli. Pas besoin d’une composition réfléchie, d’une palette cohérente, d’un projet clair. On vient poser ce qui nous fait envie, on ajoute les éléments qui nous parlent, et on avance un trait après l’autre, une étape après l’autre.

Les pages qu’on trouve ratées au moment où on les fait — en les regardant six mois plus tard, elles racontent quelque chose. Elles méritent de rester. Elles font partie du chemin.

Et les pages vides entre deux sessions ? Elles font partie du carnet aussi. On peut les remplir plus tard, ou pas. Ce n’est pas une obligation.

Un carnet, une page, un trait 

Un carnet de croquis Zentangle, c’est finalement bien plus qu’un support de dessin. C’est un espace qui vous appartient complètement. Pas de règles sur ce qu’il doit contenir, pas de standard à atteindre, pas de regard extérieur à satisfaire.

Vous pouvez y mettre du Zentangle pur, de l’aquarelle, des collages, des mots. Vous pouvez alterner les carnets selon vos envies. Vous pouvez laisser des pages vides et y revenir des mois plus tard. Vous pouvez choisir un beau papier épais ou un vieux carnet chiné en brocante — les deux ont leur intérêt, pour des raisons très différentes.

Ce qui compte vraiment, c’est d’ouvrir ce carnet. D’y poser quelque chose. Sans attendre le bon moment, l’idée parfaite ou l’humeur créative idéale.

Si vous voulez être guidée pour poser vos premiers motifs avec confiance et sans pression, mon cours gratuit de 3 jours est fait exactement pour vous.

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