Vous avez déjà essayé de lâcher prise ? Vraiment essayé. Vous vous êtes dit « je dois arrêter de me faire du souci », « je dois arrêter de vouloir tout contrôler », « je dois juste lâcher prise ». Et rien ne s’est passé. Ou pire, vous vous êtes retrouvée à vous en vouloir de ne pas y arriver.
C’est là le paradoxe du lâcher prise : plus on essaie de le forcer, moins il vient. Parce que le lâcher prise n’est pas un état qu’on atteint par un effort de volonté. C’est une pratique qui s’installe progressivement, par des gestes concrets qui créent les conditions pour qu’il arrive naturellement.
Je m’appelle Gisèle, je suis enseignante Zentangle® certifiée depuis 2017 et je pratique cette méthode depuis 2012. Et tout au long de mon chemin, c’est l’une des choses que j’ai apprise le plus difficilement : on ne lâche pas prise en décidant de le faire. On lâche prise en créant les conditions pour que ça devienne possible.
Dans cet article, je vous partage ce que la science dit sur le lâcher prise, et les pratiques qui m’ont vraiment aidée, dont une que j’explore en profondeur dans mon parcours intermédiaire de Zentangle.
Si vous voulez commencer à expérimenter le lâcher prise par la pratique créative dès aujourd’hui, mon cours offert de 3 jours vous accompagne dans vos premiers pas avec le Zentangle®, une méthode dont la philosophie entière est construite autour du non-attachement au résultat.
Ce que le lâcher prise n’est pas

Avant d’aller plus loin, il vaut la peine de déconstruire quelques idées reçues sur le lâcher prise.
Lâcher prise n’est pas de l’indifférence. On peut tenir profondément à quelque chose, à une relation, à un projet, à un résultat, et apprendre à ne pas s’y accrocher de façon rigide. L’attachement et le lâcher prise ne s’opposent pas. Ce qui s’oppose, c’est l’attachement sain et la crispation anxieuse.
Lâcher prise n’est pas abandonner. C’est reconnaître la limite entre ce qu’on peut influencer et ce qu’on ne peut pas contrôler, et diriger son énergie vers ce qui est réellement en notre pouvoir.
Et surtout, lâcher prise n’est pas un état qu’on atteint une fois pour toutes. C’est une pratique, comme la méditation ou le sport. On peut très bien lâcher prise sur un sujet et se retrouver complètement crispée sur un autre le lendemain. Et c’est tout à fait normal.
Ce que la science dit sur le besoin de contrôle
Le besoin de tout contrôler est profondément ancré dans notre fonctionnement neurologique. Face à l’incertitude, le cerveau active automatiquement des mécanismes d’alerte qui poussent à chercher des certitudes, à anticiper, à planifier, à vouloir maîtriser. C’est une réponse adaptative qui a permis à l’espèce humaine de survivre. Sauf que dans notre quotidien moderne, ce mécanisme se déclenche souvent pour des situations qui ne menacent pas réellement notre sécurité, et il épuise considérablement nos ressources cognitives et émotionnelles.
Les recherches sur la thérapie d’acceptation et d’engagement, connue sous le nom de thérapie ACT, montrent que c’est souvent la lutte contre ce qu’on ne peut pas contrôler qui génère le plus de souffrance, bien plus que la situation elle-même. Accepter ce qui est, sans le cautionner ni le subir passivement, mais en cessant de lui résister inutilement, libère une quantité considérable d’énergie mentale.
Une méta-analyse publiée dans le Journal of Consulting and Clinical Psychology confirme que les interventions basées sur l’acceptation et la pleine conscience réduisent significativement l’anxiété, la rumination et les comportements de contrôle excessif, avec des effets durables après seulement huit semaines de pratique.
Le triangle de Karpman : comprendre ses propres jeux relationnels
L’une des façons les plus concrètes d’observer où on résiste à lâcher prise dans nos relations, c’est le triangle de Karpman, un modèle psychologique qui décrit les trois rôles que nous jouons souvent inconsciemment dans les situations conflictuelles : la victime, le persécuteur et le sauveur. J’ai découvert ce concept pour la première fois pendant ma formation en coaching en 2018 chez ZenPro.
La victime se sent impuissante, non responsable, a besoin d’être sauvée. Le persécuteur attaque, contrôle, impose. Le sauveur aide au détriment de ses propres besoins, parfois pour éviter de regarder ses propres difficultés. Et souvent, on oscille entre ces trois rôles dans une même relation, parfois dans la même journée.
Je vais vous dire quelque chose qui ne me fait pas forcément plaisir à admettre : dans mes relations les plus proches, avec mon conjoint et mes enfants,il m’arrive encore d’occuper ces trois rôles. D’être le persécuteur quand je suis fatiguée, la victime quand je me sens incomprise, le sauveur quand j’essaie de tout régler pour tout le monde. Reconnaître ces schémas, sans se juger, est souvent la première étape vers quelque chose de plus léger.
Exercice : Prenez votre journal et pensez à une relation qui est difficile pour vous en ce moment. En vous référant au triangle de Karpman, notez le rôle dans lequel vous pensez vous trouver. Est-ce que vous oscillez entre plusieurs rôles ? Où avez-vous envie de vous situer ? Quelles actions pouvez-vous mettre en place pour avoir un rôle plus neutre et sortir de ce schéma ? Notez toutes les idées qui vous viennent, sans jugement envers vous-même, en essayant d’être le plus honnête possible.
À partir du moment où on commence à prendre conscience de ses propres comportements, une grande partie du travail se fait d’elle-même, et peu à peu les relations évoluent vers plus de bienveillance envers soi-même et envers les autres.
Vous voulez aller plus loin dans cette exploration ? Mon cours offert de 3 jours vous donne un premier espace pour expérimenter le non-jugement et le lâcher prise par le geste créatif.
Comment le Zentangle® crée les conditions du lâcher prise

C’est là que ma pratique personnelle rejoint complètement le sujet de cet article.
La méthode Zentangle® est construite sur une philosophie qui va exactement à l’encontre du besoin de contrôle : il n’y a pas d’erreur possible, il n’y a pas de résultat prévu, on ne sait pas à l’avance ce que la tuile va donner. On commence avec une ficelle tracée au crayon, on choisit un motif, et on dessine, un trait après l’autre, sans chercher à contrôler ce qui va apparaître.
Pour les personnes qui ont l’habitude de tout planifier, de tout anticiper, cette façon de travailler peut sembler déstabilisante au départ. Et c’est précisément pour ça qu’elle fonctionne. Elle entraîne le cerveau à tolérer l’incertitude, à avancer sans savoir où on va, à faire confiance au processus.
Parmi les motifs qui demandent le plus de présence et qui créent le plus fortement cet état de lâcher prise, le motif Paradox est particulièrement intéressant. Ce motif, composé uniquement de traits droits qui font apparaître des courbes quand on le regarde, demande une concentration tellement soutenue qu’il ne laisse plus de place pour les pensées parasites. On est entièrement dans le trait, dans la séquence, dans le geste. Et dans cet espace-là, quelque chose se dépose.
Durant le processus, il arrive souvent que de nouvelles idées, de nouvelles perspectives, de nouvelles solutions émergent. Comme si le fait de lâcher le contrôle mental ouvrait de l’espace pour autre chose.
Et si le motif Paradox ne vous convient pas, il n’y a pas de règle absolue. Choisissez un motif qui symbolise le lâcher prise pour vous. C’est aussi ça, l’esprit du Zentangle®.
Pour aller plus loin dans la compréhension de la philosophie Zentangle® et de son impact sur le bien-être, vous pouvez lire cet article sur le slow living et la reconnexion à soi.
Des pratiques concrètes pour apprendre à lâcher prise progressivement
Voilà ce qui m’a vraiment aidée, sans injonction ni obligation, chacune à son propre rythme.
Observer sans agir immédiatement. Quand une situation déclenche le réflexe de vouloir tout contrôler, prendre quelques secondes avant d’agir. Juste observer ce qui se passe en soi. Cette micro-pause interrompt le schéma automatique et laisse de l’espace pour une réponse plus consciente.
Distinguer ce qui est en notre pouvoir de ce qui ne l’est pas. La Thérapie Comportementale Dialectique développée par Marsha Linehan propose justement des outils concrets pour pratiquer cette acceptation radicale et apprendre à lâcher prise sur ce qu’on ne peut pas changer. L’un des outils qui m’aide personnellement, c’est de choisir consciemment de me répéter des phrases d’acceptation, du type : ‘je ne peux pas changer ce qui est déjà arrivé’, ‘combattre le passé m’empêche de voir le présent’, ‘le présent est le seul moment que je peux contrôler’. Ces phrases ne nient pas la difficulté. Elles déplacent simplement l’attention vers ce qui est réellement en notre pouvoir, et c’est souvent là que quelque chose commence à se desserrer.
Créer quelque chose sans objectif de résultat. Sortir une tuile et un feutre de précision, choisir un motif, et dessiner sans chercher à savoir ce que ça va donner. C’est le lâcher prise mis en pratique, concrètement, dans un espace sécurisé où rien ne risque de mal tourner.

Tenir un journal de conscience de soi. Comme dans l’exercice du triangle de Karpman, noter ses schémas relationnels, ses réactions automatiques, ses zones de crispation, sans jugement, juste en observant. L’écriture crée une distance entre soi et ses réactions qui facilite le lâcher prise.
Pour finir
Le lâcher prise ne s’obtient pas en se forçant à lâcher prise. Il s’installe progressivement, par des pratiques répétées qui entraînent le cerveau à tolérer l’incertitude, à avancer sans tout contrôler, à faire confiance au processus.
Et c’est précisément ce que le Zentangle® entraîne, à chaque séance, un trait après l’autre, sans résultat prévu, dans un espace de non-jugement total.
Mon cours offert de 3 jours est le meilleur endroit pour commencer cette expérience, même si vous n’avez jamais dessiné de votre vie.


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